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Economie et commerce japonais

mardi 22 août 2006, par rambijey


Voila un petit texte qu’avait écrit une amie à ce sujet, autant en faire profiter tout le monde.

Le Japon a connu une croissance prodigieuse pendant des décennies à savoir en moyenne 10% par an hors inflation dans les années 60, 5% dans les années 70 et 4% dans les années 80. Cependant, l’archipel connaît des taux de croissance plus faibles ans les années 90. Les efforts du gouvernement pour relancer l’économie furent sans succès à cause du ralentissement économique des Etats Unis et de l’Asie en 2000 et 2001. Selon le gouvernement, l’activité économique est restée stable début 2003 à cause des effets de la vigueur de la consommation qui a été contrarié par une baisse des exportations. En ce sens nous voyons bien l’enjeu du commerce international du Japon sur la croissance économique du pays. En janvier 2004, l’excédent commercial est multiplié par cinq par rapport à janvier 2003 (507 milliards de yen). Et malgré l’appréciation de la devise, le pays assiste à une restructuration de ses exportations. En effet, les exportations nipponnes en direction de l’Asie se sont fortement accrues, la Chine devenant ainsi le premier partenaire du Japon devant les Etats Unis. La Chine prend de ce fait une part considérable dans l’économie japonaise, les deux pays sont liés du moins par leurs échanges commerciaux. Chacun doit donc se soucier de l’évolution économique de l’autre. Lors du forum économique de Davos, un professeur de l’Université de Tokyo compare la dynamique de la chine en pleine expansion à l’économie japonaise des années 1950 et 1960. Dans quelles mesures l’empire asiatique et plus particulièrement la chine joue-t-il un rôle dans l’économie du pays du soleil levant ? Dans un premier temps, nous analysons les relations compétitives entre les deux pays. Dans un second temps, nous étudions la position de la chine comme espoir de croissance pour l’archipel nippon.

La croissance de la chine est telle qu’aujourd’hui il est question de concurrence entre la Chine et le Japon. Leur puissance remet en cause leur relation. Se crée ainsi une ambiance de rivalité entre les deux pays. La Chine ne souhaite pas un retour du Japon comme puissance normale et le Japon n’est pas disposé à accepter un ordre régional asiatique centré sur la Chine. Tout incident est mal interprété que se soient les sous marins chinois dans les eaux japonaises ou encore les prospections chinoises en mer orientale dans les zones considérées comme japonaise par le Japon. Le 10 novembre dernier, des avions de reconnaissances japonais ont repéré un sous marins nucléaire chinois dans les eaux territoriales de l’archipel. Pékin a mis du temps à faire ses excuses et un mois plus tard, Tokyo dénonçait une nouvelle intrusion. Ces incidents ont conduit à une remise en question de la défense japonaise. La défense est très limitée et les dépenses liées à l’armement ne représentent seulement 1% du PIB du pays. Cependant le gouvernement compte bien à travers un livre blanc modifier ses orientations stratégiques. « Le Japon ne peut plus se contenter d’avoir des troupes cantonnées sur son territoire national, qui n’interviendraient que pour aider la population en cas de catastrophe naturelle », souligne Akihisa Nagashima, ancien vice-ministre de la Défense dans le « cabinet fantôme » du Parti démocrate du Japon. Le pays craint de nouvelles menaces émanant d’un risque de conflit entre la Chine et Taïwan. Le Japon qui a beaucoup contribué au développement d’infrastructure chinoise souhaite retirer ses aides bénéficiant à la chine. En effet maintenant que la chine est en pleine expansion, ses aides ne sont plus justifiées. De plus, la Chine a des propos déplacés sur le Temple Yasukuni pour la religion shintoiste. Equivalent à notre Panthéon français, ce Temple érige les cendres d’Hommes morts pour leur Patrie. La Chine considère comme une provocation que le premier ministre se rende au Temple pour les cérémonies officielles importantes. Le problème du pétrole russe atteste encore de la rivalité des deux pays. La Chine avait conclu un marché stratégique avec la compagnie russe Yukos mettant en place un pipe line vers la Chine. Le Japon préférant un pipe line vers le pacifique a effectué de fortes négociations avec le gouvernement russe pour modifier cette décision de Moscou en sa faveur. La Chine l’a très mal pris considérant que ce contrat ne provenait pas de logique énergétique ou commerciale mais purement stratégique. Le sentiment antinippon est entretenu en Chine dans la presse, les journaux du Parti ou encore les sites Internet nationalistes.

Malgré les relations tendues entre l’archipel et la Chine, une activité les relie : l’échange commerciale. En Décembre 2004, les importations et les exportations japonaises ont fortement chuté et le commerce extérieur n’était plus considéré comme le principal moteur économique du pays. Cependant, grâce à la Chine, les exportations du Japon sont en pleine croissance. La Chine achète pour 87 milliards d’euros au Japon. Au delà d’échange de marchandises, la délocalisation d’usines japonaises en Chine est un phénomène en nette progression. La Chine enregistre une augmentation de 65% des implantations sur son territoire entre 1996 et 2002. Ainsi la Chine bénéficie des secteurs de l’automobile, des hautes technologies ou encore de l’industrie nippone dont son pays fait défaut. Honda et Mazda ont beaucoup investi sur le territoire chinois afin de développer leur production. Dans le domaine de l’électronique, Sony a délocalisé en Chine une partie de sa fabrication de PlayStation. Fuji Xerox suit la tendance en désirant transférer 90% de la production de ses photocopieuses d’ici à fin 2006. Si la Chine peut profiter de la fabrication nipponne sur son territoire, elle n’est en revanche pas la seule à bénéficier de cette production. En effet, le Japon profite aussi de la main d’oeuvre chinoise bon marché pour réexporter ses marchandises. En 2003, les Investissements Directs nippons effectués en Chine représentaient 14% du total des IDE du pays. La plupart des produits provenant des usines japonaises en Chine sont redistribués en dehors du marché chinois. Honda souhaite doubler ses exportations depuis la Chine d’ici à 2007.

En conclusion, nous avons rappelé les conflits entre l’empire du milieu et l’archipel. Querelles qui ne datent pas d’hier et qui a priori pourraient avoir un impact néfaste sur l’activité économique et politique chacun. La Chine et le Japon pourraient, de part leur mauvaise entente, éviter toute alliance économique quelconque. Cependant faute de demande intérieure suffisante, le Japon compte sur ses exportations pour développer son économie. Et la Chine intervient ici comme principal protagoniste. Elle est devenue son premier partenaire commercial devant les Etats Unis. Les croissances des deux pays deviennent interdépendantes et étroitement imbriquées. Nous pouvons nous interroger quant au devenir du savoir faire japonais jusqu’ici préservé


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